mercredi, septembre 28, 2022
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La Loire, dernier grand fleuve sauvage d’Europe

La Loire c’est un peu « l’ado rebelle » des fleuves français. Il y a peu d’aménagements, peu de barrages, peu de digues aussi. C’est une habituée des crues rapides et importantes, mais c’est aussi un temple de la biodiversité. Une faune et une flore unique, aujourd’hui menacées par le dérèglement climatique qui favorise l’apparition d’algues vertes et d’espèces invasives.

En raison de la situation sanitaire, les échanges se feront en ligne, mais ces trois jours de colloques et de débats devraient permettre de réfléchir sur les conséquences des changements hydroclimatiques sur la vie des grands migrateurs amphihalins, ces poissons qui passent de l’eau douce à l’eau salée, au cours de leur vie et vice-versa. C’est le cas par exemple du saumon qui vit en mer et remonte les fleuves pour aller frayer.

A l’inverse, l’anguille vit entre 5 et 10 ans en eau douce, et lorsqu’elle devient adulte, elle prend une couleur argentée et retourne à la mer pour aller pondre. Les espèces amphihalines sont toutes touchées par le réchauffement climatique, souligne Marion Legrand, chargée du programme migrateurs du bassin de La Loire au sein de l’association « Loire Grands Migrateurs »

Les amphihalins, des poissons migrateurs, menacés par le réchauffement climatique. (Illustration) (JUSTIN LEWIS / STONE RF / GETTY IMAGES)

C’est le cas en particulier du saumon qui est un poisson d’eau froide. Il grandit au large du Groenland pendant plusieurs années, et lorsqu’il quitte sa vie marine pour rejoindre un fleuve ou une rivière, il va toujours chercher à se rapprocher des sources pour avoir de l’eau fraîche.

C’est une espèce particulièrement sensible aux changements de températures.
C’est le cas également de l’alose, un poisson migrateur que l’on trouve également dans le bassin de La Loire. Ce sont des espèces qui ont des besoins précis en terme de température, et tout changement d’univers est important.

« De manière générale les poissons amphihalins sont tous menacés. »

Marion Legrand

à franceinfo

Et de citer la liste rouge établie en 2019 par l’Union internationale pour la conservation de la nature. L’UICN estime que 55% des espèces amphihalines sont classées dans la catégorie « menacée », notamment l’anguille européenne et la grande alose que l’on trouve dans La Loire. L’esturgeon qui ne vit pas dans le bassin de La Loire est carrément en danger critique d’extinction, selon l’organisation.

Des saumons de l’Atlantique dans une rivière, des poissons migrateurs. (Illustration) (WESTEND61 / GETTY IMAGES)

Marion Legrand explique que les migrateurs amphihalins ont une capacité extraordinaire à s’adapter à un nouveau milieu, d’autant qu’ils sont mobiles et peuvent parcourir plusieurs milliers de kilomètres afin de choisir un nouvel endroit pour vivre et se reproduire. Ces espèces parviennent même à s’habituer à des changements de température.

On a l’habitude de dire que La Loire est plutôt privilégiée en matière de barrages ou d’obstacles pour les poissons. Sur le cours d’eau principal du fleuve on peut faire plus de 500 kilomètres sans trouver aucun barrage important, ce qui n’est pas vrai sur ses affluents, où l’on trouve une multiplication d’obstacles qui contrarient la vie des migrateurs.

Le saumon cherche toujours une zone précise pour se reproduire. L’espèce a besoin de remonter très haut dans le bassin de La Loire. S’il ne migre pas sur 700 kilomètres, il aura du mal à trouver un habitat propice à la reproduction. On comprend donc fort bien que les barrages sont un problème pour le respect du cycle de vie de ses migrateurs amphihalins.

Lille