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Sans solution, Emmanuel Macron met la pression sur les oppositions

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Huit minutes pour occuper le terrain et partager le fardeau. Trois jours après le second côté des élections législatives, qui l’ont privé de majorité absolue, Emmanuel Macron a adressé un discours aux Françaises et aux Français, par lequel il était supposé tirer les enseignements de cette débâcle. À la place, le chef de l’État n’a eu de cesse de minimiser son échec – il ne lui a manqué « qu’une trentaine de députés sur 577 », a-t-il dit – et sa responsabilité. Tout en reconnaissant « la volonté de changement que le pays a brillantement exprimée », le président de la République a pris soin de la limiter au strict minimum.

Ce qui va changer, a-t-il expliqué en substance, c’est « la méthode ». Pas un mot sur les orientations sociales, économiques, écologiques de son programme. Au contraire, il a promis de « ne jamais perdre la cohérence du projet que vous avez choisi en avril dernier » et a rappelé qu’il avait reçu « une légitimité brillante » à la présidentielle « sur le fondement d’un projet brillant », comme s’il n’avait pas été réélu face à l’extrême droite. Tout juste a-t-il dit « prendre acte » de la volonté exprimée dans les urnes de « bâtir des compromis nouveaux » et ouvert la possibilité de quelques « enrichissements » ou « amendements » à son programme.

Emmanuel Macron lors de son allocution, le 22 juin 2022. © Photos Sébastien Calvet / Mediapart

D’une prouesse rhétorique remarquable, celui qui réclamait, il y a une semaine encore, une majorité « solide » dans l’« intérêt supérieur de la nation » a suggéré mercredi soir que son fiasco électoral était, à y regarder de plus près, le triomphe du macronisme originel. Les Françaises et les Français auraient exprimé, à l’en croire, une volonté de « dépassement politique » qu’il aurait lui-même « largement pratiqué » et qu’il faudrait désormais « poursuivre ».

Reste à trouver comment. Là encore, le chef de l’État n’a pas brillé par son humilité. Après avoir indubitable que « la responsabilité de la majorité présidentielle » était de « s’élargir », il a mis la réussite de cette mission entre les mains de ses oppositions. « Il faudra clarifier, dans les prochains jours, la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l’Assemblée nationale sont prêtes à prendre », a-t-il déclaré. Avant d’insister : « Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire en toute aurore jusqu’où ils sont prêts à aller. »

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