mercredi, juillet 6, 2022
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cela « ouvre une brèche vers un passé méconnu », explique le paléontologue qui a dirigé l’expédition

C’est pour Pierre-Olivier Antoine « une brèche vers un passé méconnu de la Guyane ». Au sud du bourg de Maripasoula, près de la frontière avec le Surinam, un fossile de paresseux géant a été découvert fin 2020. Le paléontologue de l’Institut des sciences de l’évolution de l’université de Montpellier, qui a dirigé une expédition sur place du 12 au 18 octobre, a confié sur franceinfo mardi 26 octobre qu’il s’agit de « la première découverte d’un reste de la méga faune éteinte ». Ce paresseux dont les restes du squelette ont été retrouvés, aussi appelé Eremotherium laurillardi, a disparu il y a 12 000 ans.

franceinfo : Pouvez-vous nous décrire ce que vous avez découvert ?

Pierre-Olivier Antoine : Il s’agit d’éléments de très grande taille par rapport aux standards des paresseux actuels. Il faut imaginer à peu près la taille d’un éléphant. C’est donc une version géante du paresseux, qui a presque l’allure d’un ours, avec de très grandes griffes, une grosse tête et qui se mettait volontiers sur ses pattes arrières pour que sa tête culmine à quatre mètres de hauteur.

Etait-il aussi lent que le paresseux qu’on connaît aujourd’hui ?

Oui, il était probablement lent mais beaucoup plus grand. On peut donc imaginer un animal qui pouvait se mouvoir sans aucun problème sur la terre ferme. A tel point que les paresseux sont parmi les premiers animaux qui ont gagné l’Amérique du nord lors de l’émersion de l’isthme de Panama il y a plusieurs millions d’années. Les paresseux sont des précurseurs !

Dans quelles conditions ce squelette a-t-il été découvert ?

Dans des conditions un peu particulières puisqu’il a été découvert par des orpailleurs clandestins. Ils ont restitué les restes au parc amazonien, puis au service régional de l’archéologie, qui nous a alerté. Nous avons alors monté une expédition avec le centre d’étude de la biodiversité amazonienne. Ces restes de squelette ont ensuite été ramenés avec précaution dans un vol Air France pour être étudiés, ici, à Montpellier, sous toutes les coutures : morphologiques, moléculaires et isotopiques, par exemple, pour caractériser son régime alimentaire. Nous avons à notre disposition des restes de sa machoire inférieure, du maxillaire, de ses vertèbres, de ses côtes et quelques élements d’un bras. Cependant, une fois l’étude terminée, ce squelette retournera en Guyane car nous avons à coeur de restituer les specimens là où nous les avons trouvés.

En quoi est-ce une grande découverte ?

C’est une grande découverte parce que c’est la première découverte d’un reste de la méga faune éteinte, c’est-à-dire des animaux géants disparus, sur le plateau de Guyane et donc en France. Cette découverte ouvre une brèche vers un passé qui était jusque-là complètement méconnu de la Guyane, qui est un haut lieu de la biodiversité actuelle. Cela nous permet de savoir où et comment chercher pour accéder à des fossiles d’autres animaux et de plantes, en association avec ce squelette.

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