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comment les poissons peuvent être utiles à la chirurgie régénérative

En étudiant de près certains poissons, des chercheurs de l’Inserm et de l’université de Montpellier viennent de mieux comprendre comment certains animaux parviennent à s’auto-réparer après une blessure.

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Publié le 30/11/2021 07:48

Temps de lecture : 1 min.

Réussir à faire repousser un œil, une jambe ou une partie de son corps, c’est le privilège de certains super-héros dans les films, mais aussi de quelques animaux.
La salamandre, par exemple, est capable de se re-fabriquer une patte, un museau ou de la moelle épinière en cas de blessure. L’étoile de mer peut faire repousser une branche, et le poisson-zèbre, un petit poisson tropical, a aussi la capacité de faire repousser sa nageoire caudale en quelques jours, si elle est sectionnée. C’est en s’intéressant à ce petit poisson rayé noir et blanc qu’une équipe de l’Inserm vient de percer certains mystères de cette régénération. Ces travaux sont une première mondiale.
 
Cette équipe a réussi à  mieux comprendre le mécanisme de cette régénération. Jusqu’ici, la recherche avait déjà permis de constater qu’à la place de la nageoire sectionnée, apparaissait rapidement ce qu’on appelle un blastème, un amas de cellules, capables de se multiplier et de se diversifier, pour former un tissu de nageoire, identique a celui qui avait été coupé. Mais on ne comprenait pas le processus. La découverte, c’est que pour que tout cela s’organise, « certaines cellules jouent le rôle de chef d’orchestre », explique Farida Ddjouad, directrice de recherche à l’Inserm, spécialiste de la médecine régénérative. Ces cellules de la crête neurale convoquent d’autres cellules pour  construire le nouveau tissu, et leur envoient des instructions via des molécules, qui ont aussi été identifiées : ce sont des neuregulin 1 (NRG1).

Ce phénomène pourrait être reproduit chez l’homme : 70% de nos gènes ont un gène homologue chez le poisson-zèbre. Si l’on arrivait à créer au sein du corps humain le même « chantier de construction », avec des cellules chef d’orchestre qui envoient des molécules d’instruction à d’autres pour créer des tissus, on pourrait par exemple régénérer du cartilage chez les personnes souffrant d’arthrose, de régénérer des cellules cardiaques après un infarctus, voire peut-être de ralentir certaines maladies neuro-dégénératives.

Mais avant cela, il reste d’autres étapes de recherche chez les animaux, les souris notamment. Le poisson-zèbre nous donne donc de l’espoir à moyen terme. Pour d’éventuelles applications chez l’homme, il faudra attendre au moins dix ans.

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