AccueilAnimauxEn Tanzanie, au Kenya, les éléphants sont de moins en moins menacés

En Tanzanie, au Kenya, les éléphants sont de moins en moins menacés

Un troupeau d’éléphants dans le parc national de Tsavo (Tanzanie). (AFP)

Jeudi 12 août, c’est la journée mondiale de la protection des éléphants. Et bonne nouvelle, deux pays emblématiques ont fait ces dernières années de gros efforts de lutte contre le braconnage.

Entre 2014 et 2019, la Tanzanie est partie à la chasse aux braconniers et a arrêté sur cette période 2 377 braconniers, et saisi 2 533 armes, selon des chiffres annoncés cet été par les autorités. Ces arrestations ont permis de démanteler plusieurs “organisations”, car en Tanzanie, c’est bien un braconnage à l’échelle ” industrielle” qui existait. Avec des réseaux, des chevilles ouvrières, des collecteurs, des transporteurs, des intermédiaires. 21 chefs du trafic d’ivoire ont été arrêtés, dont Yang Fenglan, une femme d’affaires chinoise surnommée “La reine d’ivoire”.

En 2019, elle a été condamnée à 15 ans de prison pour avoir organisé l’exportation de plusieurs tonnes d’ivoire. Elle a vendu 860 défenses d’éléphant pour une valeur de six millions de dollars. Entre 2009 et 2014, la majorité du trafic d’ivoire dans le monde provenait ou avait un lien avec la Tanzanie. Durant cette période, la population d’éléphants de Tanzanie a diminué de 60% ! 60 000 pachydermes tués.

Aujourd’hui la bonne nouvelle, c’est que la tendance s’est inversée. Grâce à la campagne intensive anti-braconnage. Le nombre d’éléphants est passé de 43 000 à 60 000, et il a aussi augmenté dans le magnifique parc de Serengeti passant de 6 087 à 7 061.

Mais la route est encore longue. Depuis mars dernier, l’éléphant d’Afrique est officiellement menacé d’extinction. Tant que l’homme sera vénal et cupide, il profitera des richesses de Dame nature pour les transformer en dollars. Selon l’ONG Environmental Investigation Agency (EIA), basée à Londres, le trafic d’ivoire s’est déplacé de l’Afrique de l’Est vers l’Afrique centrale et de l’ouest ces cinq dernières années. Dans son rapport Out of Africa, l’ONG explique que pour s’en rendre compte, elle a analysé la nationalité des suspects, les lieux des saisies de l’ivoire et ont fait des tests ADN.

Un marchand d’ivoire, infiltré de la police, confirme que la Tanzanie n’est plus le lieu central pour le braconnage. Lui, a déménagé au nord, au Mozambique. D’après les experts, c’est le Nigeria qui attire aujourd’hui les braconniers. Ces cinq dernières années, 30 tonnes d’ivoire ont été saisies depuis ce pays. Les trafiquants profitent des failles du gouvernement et exploitent ses faiblesses. Actuellement, le Nigeria est occupé sur d’autres fronts, notamment l’État islamique installé dans le nord du pays. Le trafic d’ivoire s’est aussi déplacé en République démocratique du Congo, en proie à une guerre des milices dans l’Est.

Même si ce n’est pas encore la priorité de certains pays, on voit que l’étau se resserre sur les braconniers. Un autre État a décidé de s’occuper de sa faune : le Kenya. Pour la première fois de son histoire, le pays a lancé le recensement de la faune sauvage. Depuis le mois de mai, des avions biplaces du Kenya Wildlife Service (KWS) survolent la cinquantaine de parcs et réserves naturelles et comptabilise les animaux. Où vivent-ils ? Où dorment-ils ? Combien sont-ils ? Jusqu’à présent, ce sont des projections informatiques basées sur les données des ONG locales et internationales qui donnaient la réponse.

Grâce à ce recensement, les autorités vont également pouvoir se rendre compte de l’extension de l’habitat humain, qui tue – aussi – les animaux. Cela permettra au Kenya de mettre en place une stratégie à long terme pour protéger sa faune et sauver un atout précieux, grand attrait touristique. Le Kenya a déjà fait de gros efforts pour protéger les éléphants. En 30 ans le nombre de pachydermes a doublé. 
 

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