lundi, août 8, 2022
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Les chauves-souris supportent mal la lumière des villes

Même la lumière indirecte perturbe les chauves-souris : elles sont sensibles au halo de faible intensité qui entoure les villes, de façon diffuse. C’est une grande opération de science participative qui permet de l’affirmer. Pendant sept ans, des citoyens ont observé l’activité des sérotines, les chauves-souris communes, sur plus d’un millier de sites en France et résultat : non seulement ces chauves-souris sont moins nombreuses dans le halo lumineux des villes mais en plus elles partent chasser plus tard. À proximité des villes moyennes, elles décollent avec six à dix minutes de retard. Même de faibles niveaux de pollution lumineuse affectent la distribution spatiale et le moment de l’activité d’une espèce de chauve-souris « tolérante à la lumière ».

Ce décalage horaire est vraiment un problème pour les chauves-souris. En tout cas
beaucoup plus qu’on ne le pense, car en partant chasser plus tard, elles se retrouvent en décalage avec les insectes dont elles se nourrissent, expliquent les auteurs de cette étude. Or, la fenêtre de chasse est étroite, le pic d’activité devrait se situer au crépuscule normalement pour que les chauves-souris puissent s’alimenter correctement. 

Par ailleurs, quand ces chauves-souris croisent des points lumineux sur le chemin de la chasse, elles les évitent. Elles font donc des détours, ce qui leur prend plus d’énergie et au final tout cela peut jouer sur la survie de ces populations, indique cette étude. Un constat qui inquiète d’autant plus qu’un tiers des chauves-souris communes a disparu en 15 ans en France. Et que parallèlement la quantité de lumière émise par l’éclairage public a lui augmenté de 90% en 30 ans.

Ce déclin des chauves-souris n’est pas dû uniquement à la pollution lumineuse, il est aussi dû à la destruction de leur habitat, et à l’impact du réchauffement climatique. Mais les chercheurs insistent sur l’urgence de baisser l’intensité lumineuse la nuit, qui perturbe par ailleurs d’autre espèces, notamment des insectes ou des papillons pollinisateurs. Ils proposent différentes solutions qui vont de l’extinction totale des lampadaires et des vitrines la nuit à une modification de leur intensité en passant par une orientation différente de l’éclairage, vers le sol plutôt que vers le ciel.

En France, 12 000 communes ont déjà adopté une extinction partielle ou complète la nuit, indique l’association pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne. C’est une solution gagnant-gagnant, à la fois pour préserver la biodiversité et faire des économies grâce a la sobriété énergétique. 

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