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« Nommer un Défenseur des droits des animaux serait très efficace », plaide le président de la SPA

La Société protectrice des animaux (SPA) demande mercredi 27 octobre, dans le journal Le Monde, la création d’un Défenseur des droits des animaux, comme il existe un Défenseur des droits (humains). « Ce serait une vraie décision politique », a déclaré son président Jacques-Charles Fombonne sur franceinfo jeudi. « Nommer un Défenseur des droits des animaux est une mesure qui est facile à prendre, qui ne coûte rien et qui serait très efficace », assure le président de l’association, qui compte interroger chaque candidat à la prochaine élection présidentielle sur la condition animale.

franceinfo : Avoir un Défenseur des droits des animaux comme il existe une Défenseure des droits des humains, ça servirait à quoi ?

Jacques-Charles Fombonne : Cela servirait à beaucoup de choses. Cela servira d’abord à avoir un interlocuteur unique dans un domaine qui réclame beaucoup de transversalité. La condition animale, le droit des animaux, est partagé entre plusieurs acteurs : l’État, les associations, les collectivités locales. Il est également partagé entre beaucoup de législations et de réglementations comme le Code rural, le Code pénal, le Code des collectivités. Avoir un Défenseur des droits des animaux, cela permettrait à quelqu’un d’avoir la possibilité de fédérer tous ces textes, de fédérer le cadre normatif, et puis ensuite d’avoir pour mission de pouvoir intervenir comme force de proposition, comme force de contrôle. Pourquoi pas comme une personne pouvant répondre aux signalements de maltraitance qui nous sont faits ? Il y en a des centaines de milliers. Nous avons par exemple 15 000 signalements qui sont faits à la SPA tous les ans. Nous pensons que le Défenseur des droits des animaux pourrait être l’autorité tutélaire avec les pouvoirs de quelqu’un qui serait indépendant et qui aurait été nommé par le président de la République. Évidemment, plus le pouvoir de nomination vient d’en haut et plus le pouvoir de celui qui l’obtient est important.

Nous sommes à six mois de l’élection présidentielle. Voudriez-vous que la cause animale soit un sujet plus important dans la campagne ?

Je pense que c’est effectivement le moment pour des associations comme la nôtre de pointer le bout de notre nez et de dire ce qui serait bien de faire en matière de protection des animaux. Nommer un Défenseur des droits des animaux est une mesure qui est facile à prendre, qui ne coûte rien et qui serait très efficace et qui, symboliquement, serait une vraie décision politique. Je pense que c’est une progression normale. Il y a vraiment une prise de conscience de plus en plus forte de la condition des animaux. Petit à petit, toutes les choses se mettent en place et je pense qu’un Défenseur des animaux serait effectivement une autorité fédératrice. Je trouve que c’est le mot qui pourrait le mieux caractériser cette fonction, c’est-à-dire qu’il serait un référent pour savoir quel est l’état de la condition animale, comment on peut l’améliorer et comment on peut pallier à tout ce qui empêche au droit des animaux d’être parfaitement reconnus dans notre pays.

Est-ce que, comme les chasseurs ont prévu de le faire, vous prévoyez d’interroger les candidats à la présidentielle sur la cause animale ?

Absolument. C’est prévu. Comme je vous le disais, nous prévoyons de pointer le bout de notre nez lors de cette campagne présidentielle. L’idée, c’est de demander ce que chaque candidat propose pour la condition animale. Nous ne sommes pas une association militante et nous n’allons évidemment donner aucune consigne de vote. Cela permettra simplement aux électeurs d’être parfaitement éclairés sur l’intention de chacun des candidats. Ensuite, évidemment, chacun se déterminera selon ses choix personnels mais c’est l’occasion à chacun de mettre les cartes sur la table. Nous voudrions une question de principe qui serait que, entre l’homme et l’animal, doit se décliner un rapport de respect. À partir de là, les exceptions qui seront faites à ce respect doivent être extrêmement réduites et doivent, par exemple, ne pas porter inutilement atteinte au droit à la santé des animaux. Nous avons le droit d’utiliser l’animal pour le consommer, le droit d’utiliser l’animal pour le travail, mais chaque fois qu’on le fait, cela doit intervenir dans une souffrance minimum. Ensuite, nous pouvons parler de la corrida, des delphinariums, des chasses traditionnelles, de l’abattage rituel, de toutes les choses que nous pensons contraires à ce respect.

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