mardi, juillet 5, 2022
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Emmanuel Macron assume « une intervention publique forte »

Sa prise de parole était attendue mais pas forcément sur ces sujets-là. Ce 9 novembre au soir, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français lors d’une allocution télévisée initialement dédiée à l’épidémie de Covid. Mais alors qu’un certain nombre de candidats déclarés (ou putatifs) à l’élection présidentielle de 2022 ont déjà commencé leur campagne, le président de la République – qui va probablement briguer un second mandat – a profité de l’occasion pour aborder bon nombre d’autres dossiers. C’est donc dans un exercice mêlant mise au point sur la situation sanitaire, rappel des mesures d’urgence mises en place pour contrer la crise du Covid, premier bilan du quinquennat et ouverture sur des sujets d’avenir que le chef de l’État a parlé des aides aux entreprises, des pénuries de matériaux, des difficultés de recrutement, ou encore de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Des annonces dans le domaine de l’énergie ont aussi été faites.

 

« (…) dans des secteurs comme (…) le bâtiment et les travaux publics (…), l’artisanat ou l’industrie, tous les entrepreneurs me disent peiner à recruter aujourd’hui »

 

Dans un premier temps, Emmanuel Macron est revenu sur les aides instaurées dès le début de la crise sanitaire, comme le chômage partiel, le Fonds de solidarité, ou encore les PGE (Prêts garantis par l’État), dont le président a confirmé qu’ils seront bien prolongés jusqu’en juin 2022. Rappelant les mesures prises par le Gouvernement en faveur des personnels hospitaliers suite aux premières vagues de la pandémie, il a aussi indiqué que « 500 établissements hospitaliers vont être restaurés, des milliers de maisons de retraite rénovées grâce à un effort sans précédent de 19 milliards d’euros d’investissements partout sur le territoire ». Pour lui, la stratégie du « quoi qu’il en coûte » et les 100 milliards d’euros du Plan de relance ont permis de « résister à la crise » et de « rebondir plus fort aujourd’hui ».

 

Dans son intervention, Emmanuel Macron a également cité le secteur de la construction en expliquant la situation du marché du travail : « (…) notre situation économique reste toujours inconsolidée (sic), dans un monde où les tensions sur les approvisionnements et les coûts des matières premières et de l’énergie génèrent pénuries et inflations (…). Notre économie crée des emplois comme jamais, au point que dans des secteurs comme la restauration, le bâtiment et les travaux publics, les services, l’artisanat ou l’industrie, tous les entrepreneurs me disent peiner à recruter aujourd’hui », a-t-il déclaré. Estimant que la France doit continuer à « financer notre modèle social en taxant moins le travail », il a souligné que « 15 milliards d’euros » ont été « mobilisés depuis 2017 » pour la formation professionnelle et la montée des compétences.

 

Un « effort spécifique » aurait en outre été fait sur la jeunesse, avec la réforme de l’apprentissage et de l’alternance « atteignant en ce moment-même des chiffres records », d’après le président. À la rentrée de septembre, la ministre du Travail Élisabeth Borne avait même estimé qu’il était possible de « faire encore mieux » qu’en 2020, où les chiffres avaient déjà détonnés. « Grâce au plan ‘1 jeune, 1 solution’, nous avons aidé 3 millions de jeunes à trouver une formation, ou un emploi, ou un accompagnement, ce qui fait qu’au moment où je vous parle, le taux de chômage pour les jeunes est au plus bas depuis 15 ans », a-t-il assuré. Quant à la « nécessaire » réforme des retraites, le locataire de l’Élysée considère qu’au vu de la situation, « les conditions ne sont pas réunies pour relancer aujourd’hui ce chantier ». Mais « dès 2022, il faudra prendre des décisions claires » sur le sujet, a-t-il ajouté.

 

Miser sur les nouveaux EPR…

 

Enfin, des annonces ont été faites sur le nucléaire. Dans la continuité d’une « grande séquence énergie » entretenue par le ministère de la Transition écologique, qui a vu de récentes annonces sur l’acceptabilité des parcs éoliens, le développement des centrales photovoltaïques ou celui des énergies renouvelables citoyennes, et quelques semaines après la publication du rapport RTE sur les scénarios de transition énergétique, une prise de parole d’Emmanuel Macron sur le « nouveau nucléaire » – comprendre les réacteurs à eau pressurisée EPR de nouvelle génération – était attendue d’ici la fin de l’année.

 

Les pronostics ont finalement été déjoués puisque le président de la République s’est positionné dès hier soir : « C’est par le travail de tous (…) que nous pourrons bâtir notre indépendance énergétique. (…) Mais si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l’étranger, il nous faut tout à la fois continuer d’économiser l’énergie et d’investir dans la production d’énergie décarbonée sur notre sol. C’est pourquoi, pour garantir l’indépendance énergétique de la France, pour garantir l’approvisionnement électrique de notre pays, et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050, nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables. »

 

… et sur les petits réacteurs modulaires

 

Des investissements qui doivent permettre à l’Hexagone d’honorer ses engagements, comme l’illustre le plan France 2030 qui consacre les petits réacteurs modulaires, ou SMR. Et qui s’inscrivent peut-être aussi, de manière plus large, dans une nouvelle conception des politiques publiques : selon Emmanuel Macron, « nous vivons une révolution profonde » depuis le début de la pandémie. « Nous avons donc, d’une manière inédite, tant de décisions à prendre en même temps, tant d’investissements historiques à faire, pour relever tous ces défis, pour maîtriser notre destin… le marché seul ne suffit pas », a-t-il conclu. C’est pourquoi « il faut assumer une intervention publique forte avec, dans quelques domaines-clés, des investissements importants ». Le locataire de l’Élysée a insisté sur un « volontarisme lucide » à avoir sur l’ensemble de ces sujets, sans oublier le rôle stratégique que doit aussi jouer l’Europe.

 

Dans un tweet, le président-directeur général d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a assuré que les acteurs tricolores de l’atome étaient prêts à répondre présents : « EDF et la filière avec elle sont prêtes à répondre au défi de la transition énergétique par la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et l’accélération dans les renouvelables. Nous nous réjouissons de l’annonce du président de la République et serons au rendez-vous. » Après la remise du rapport de Jean-Martin Folz sur la construction de l’EPR de Flamanville (Manche), EDF avait présenté en décembre 2019 son plan baptisé « Excell », destiné à remettre la filière nucléaire française aux plus hauts niveaux « de rigueur, de qualité et d’excellence ». Structuré en trois grands volets – la qualité industrielle, les compétences et la gouvernance des grands projets -, ce plan commencerait à porter ses fruits selon la filière.

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