mercredi, juillet 6, 2022
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Nouvelle mobilisation contre l’artificialisation de terres agricoles en Ile-de-France

C’est un mouvement qui s’inscrit contre le Grand Paris Express, les zones d’activités et la spéculation foncière, et plus largement pour dénoncer une « urbanisation massive » en Ile-de-France. Le 9 octobre 2021, à l’initiative de plusieurs collectifs de défense contre l’environnement, des « Marches de la terre » seront organisées depuis 4 lieux de contestation dans la région, pour arriver à Paris, devant l’Hôtel de Ville, le lendemain.

 

Selon la chambre d’agriculture d’Ile-de-France, 100.000 hectares de terres fertiles ont disparu dans la région en cinquante ans. Depuis quelques années, ce sont 1.500 hectares de terres agricoles par an qui sont transformés en espaces urbains.

 

Moratoire demandé

 

Même si elle observe une « tendance à la baisse » des projets d’artificialisation récemment, grâce à des outils de contrôle, les organisateurs de ces « marches » souhaiteraient enrayer davantage encore cet étalement urbain. Ils demandent ainsi un moratoire considérant que « tout projet qui consomme des terres agricoles doit être stoppé » explique Bernard Loup, le président du collectif pour le Triangle de Gonesse (Val-d’Oise).

 

Les terres agricoles doivent être vues comme « un outil de lutte contre la crise climatique. Ce sont des puits de carbone, des lieux de vie pour la biodiversité », estime de son côté Fabienne Mérola, ancienne chercheuse à l’université de Paris-Saclay et membre du collectif Urgence Saclay.

 

Le Grand Paris Express au centre des protestations

 

Parmi les projets contestés, le plus emblématique est le Grand Paris Express et ses 200km de lignes nouvelles de métro. Et les futurs pôles d’activités qu’il devrait desservir. Ainsi, dans le Triangle de Gonesse, c’est l’installation d’une gare de la ligne 17 et d’une zone d’activités confirmée par le Premier ministre Jean Castex en mai 2021, qui sont pointés du doigt par les défenseurs de l’environnement.

 

 

A Saclay, c’est la ligne 18, « cheval de Troie d’une urbanisation massive qui va continuer » selon Fabienne Mérola, qui fait débat ainsi que le développement d’un pôle national de recherche. Une inquiétude que ne calme pas le classement par la loi sur le Grand Paris de 2010 en zone de protection naturelle, agricole et forestière d’une partie du plateau de Saclay, afin de préserver justement les quelques 4.000 hectares d’espaces naturels remarquables.

 

Projet abandonné par le zoo de Thoiry

 

Autre front d’une toute autre nature, en Seine-et-Marne cette fois : au Val-Bréon, des militants s’élèvent contre la volonté de la communauté de communes de transformer en zone d’activités une partie des 150 hectares de champs qu’elle a achetés, pour 17 millions d’euros.

 

Dans les Yvelines, c’est un projet que devait mener le zoo de Thoiry qui suscitait l’inquiétude : il souhaitait créer des buttes paysagères à partir de 400.000 m3 de déchets inertes issus de chantiers. Le zoo y a finalement renoncé, mais ses opposants participeront tout de même à la marche du week-end, en passant par le domaine agricole de Grignon. Actuellement occupé par l’école d’ingénieurs AgroParisTech, l’Etat l’a cédé au promoteur immobilier Altarea Cogedim, avec l’idée d’en faire un pôle d’excellence scientifique.

 

Zéro artificialisation nette

 

Malgré les revendications et l’objet de la manifestation, les agriculteurs devraient être peu représentés. Pas si surprenant selon certains participants à la marche, puisque « les gros agriculteurs ont un intérêt économique » à vendre des hectares au prix de terrains « urbanisables », estime ainsi Lise Debout, agricultrice bio près du Val-Bréon.

 

Il existe indiscutablement une pression foncière particulièrement forte en Ile-de-France. Les besoins en logements et en services vont croissant et les terrains sont aussi rares que chers. Malgré cela, la région compte prochainement réviser son schéma directeur régional (SDRIF) avec pour objectif le zéro artificialisation nette (ZAN).

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