vendredi, juillet 1, 2022
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Un débat tout en nuances autour des projets d’éolien flottant en Méditerranée

Alors que les projets de parcs éoliens posés se multiplient et commencent même à se concrétiser sur la façade atlantique et dans la Manche, en Méditerranée, il va falloir privilégier une autre technologie. En effet, les eaux sont trop profondes pour des éoliennes posées. Le flottant s’imposera donc.

 

Trois fermes pilotes de 3 éoliennes chacune doivent voir le jour au large du littoral méditerranéen en 2022-2023. Mais les discussions autour de l’installation de parcs bien plus puissants (250MW contre 24 à 30 MW pour les projets pilotes) dans le Golfe du Lion ont déjà commencé. Le débat public est d’ailleurs en cours, jusqu’au 31 octobre 2021, et la concertation reçoit « un accueil très positif » selon Etienne Ballan, président de la commission particulière du débat, interrogé par l’AFP.

 

Crainte d’une perte pour la biodiversité

Selon lui, le public montre « une appétence pour les questions environnementales et l’énergie ». Et alors que les contestations sont vives autour des parcs d’éoliennes posées, surtout à Saint-Brieuc, mais aussi dans le Calvados ou dans le Nord, pour le moment ici, « nous sommes loin d’une opposition pour ou contre », assure-t-il, mais plutôt dans « des questions nuancées ».

 

« Beaucoup se demandent si le jeu en vaut la chandelle et relèvent la fragilité du milieu méditerranéen, détaille-t-il. Les objectifs climatiques ne doivent pas conduire à une perte de la biodiversité. » Lors d’une réunion du débat public le 29 septembre 2021, l’un des participants a bien illustré cet entre-deux.

 

« Gigantisme » des installations

 

Un ingénieur aéronautique toulousain s’est ainsi dit « emballé » par les projets. Mais « amoureux de la mer », il émet « des réserves » depuis qu’il a vu un photomontage du projet. En effet, le « gigantisme » des installations, « presque aussi hautes que la Tour Eiffel » (autour de 260m chacune en réalité), dans un espace encore « vierge » et « ressourçant », l’a surpris. Il préfèrerait donc qu’elles soient invisibles, repoussées au-delà de la ligne d’horizon.

 

Une participante dénonce une « fuite en avant ». « On additionne des énergies, mais on ne parle jamais de changement de mode de vie, de sobriété », déplore-t-elle. « Quid de la fin de vie des équipements et de leur recyclage ? » demande un autre.

 

Evolutions possibles

Le timing est aussi mis en question, puisque les discussions commencent alors même que les fermes pilotes ne sont pas encore opérationnelles. Participant au débat en visioconférence, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a tenté de rassurer : les éoliennes commerciales ne seront construites que quatre ans après les parcs pilotes, « ce qui pourra nous amener à évoluer » sur les projets plus ambitieux dont il était question ce jour. Pour elle, « repousser encore nous met[trait] en difficulté face aux besoins en électricité ».

 

Et concernant les interrogations concernant la biodiversité, elle botte en touche en estimant que le plus grand danger qui la menace « c’est le réchauffement climatique ». Or, les éoliennes seraient une réponse pour lutter contre ce réchauffement. Les pouvoirs publics affirment ainsi que la cinquantaine d’éoliennes installées sur chaque parc alimenteront près de 3 millions d’habitants par an. Et rappelons qu’au total, la France vise une proportion de 40% d’énergie renouvelables en 2030, pour diversifier sa production d’électricité.

 

La synthèse de ce débat public sera publiée en décembre 2021. L’Etat devrait y répondre dès mars 2022, quelques semaines seulement avant l’élection présidentielle.

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