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Carte postale gourmande de MAJORQUE

Portocolom

Cette carte postale estivale a pour superbe décor l’île de Majorque au cœur des Baléares. Je vous propose de suivre notre périple au fil d’un parcours à adapter bien sûr selon votre inspiration. Arrivés en bateau nous avons pu utiliser notre voiture pour nous déplacer entre les différents points que je vous invite à découvrir. Côté logements l’île en regorge et il en existe pour tous les goûts même si Majorque n’est pas très étendue mais il est assez judicieux de prévoir plusieurs étapes afin de limiter les déplacements.

LA BAIE DE POLLENCA

Crique sur le Cap de Formentor

1ère halte à Port Pollença dont la baie ouvre sur la péninsule de Formentor et le Cap des Pinar. L’agréable petite ville de Pollença est distante de son port de 8 kilomètres. La station est agréable avec un front de mer composé d’immeubles peu élevés et assez hétéroclites. Mention spéciale aux constructions qui longent la plage d’Albercuix en direction de Formentor. L’idéal est de louer des vélos pour découvrir le fameux Cap de Formentor et la région. L’option assistance électrique n’est pas un luxe pour les moins sportifs car les dénivelés sont importants sur la route de Formentor. A partir du 9ème kilomètre celle-ci est fermée aux voitures l’été entre 10 et 19 heures : c’est alors le paradis des cyclistes ! Paysages magnifiques à chaque virage et criques turquoises. Le phare à l’issue du chemin a peu d’intérêt en lui-même. Un service de bus existe également pour ceux qui ne peuvent se déplacer en vélo. Possibilité de restauration dans une petite cafétéria aux pieds du phare mais les recoins de la route ou les criques ouvrant sur de jolies plages sont des lieux idéaux pour pique-niquer.

Alcudià depuis ses remparts

A l’opposé de la Baie de Pollença se niche la jolie ville d’Alcudia protégée par ses remparts médiévaux. Après avoir parcouru ses ruelles agréables direction le Cap des Pinar qui offre une vue à 360 degrés sur la Méditerranée. L’accès se fait à pieds après avoir laissé la voiture ou le vélo sur un parking. Prévoir une bonne heure de grimpette au terme de laquelle s’offre une vue époustouflante. Mieux vaut choisir de faire cette ascension en matinée pour éviter la chaleur excessive et s’équiper de chaussures et bâtons de marche. A la descente le restaurant du Mirador de la Victoria vous attend pour boire un verre ou déguster des spécialités locales sur sa jolie terrasse.

Le Cap des Pinar permet également de découvrir la jolie crique de la Platja des Coll Baix. En arrivant sur le site après avoir garé votre véhicule non loin du gîte d’étape il faut opter par le chemin de gauche, en direction de la Torre de Alcudia, plutôt que la voie de droite qui à l’issue d’une belle descente dans les sous bois nous invite à escalader des rochers vertigineux.

A Port de Pollença soyez prévoyants pour avoir la possibilité de déguster les spécialités majorquines du Celler de La Parra, une institution locale dont nous resterons frustrés jusqu’à notre prochain voyage à Majorque. Afin de déguster les spécialités locales inutile de préciser qu’il est préférable de cibler des restaurants fréquentés par les locaux et d’abandonner ceux proposant à grand renfort de photos des paellas ou tapas souvent peu qualitatifs.

CANYAMEL et ses alentours

Torre de Canyamel

Direction Canyamel où notre coup de cœur gastronomique fut le restaurant Porxada de sa Torre. Cadre superbe au pied de l’imposante Torre de Canyamel datant du XIIIeme siècle qui abrite aujourd’hui un centre culturel. Le service est attentionné et les plats sont un festival de saveurs majorquines allant du frit mallorqui au cochon de lait rôti à la broche en passant par le tumbet ou les desserts traditionnels comme le Pudding de ensaïmada. La ferme qui jouxte le restaurant fournit la viande qui y est proposée. Nous avons réellement apprécié la cuisine majorquine qui balance entre terre et mer se révélant à la fois rustique et goûteuse.

Frit mallorqui, croquette et sobrassada

La petite station balnéaire de Canyamel est une bonne base pour découvrir le Parc Naturel de Llevant. Sa découverte se fait au fil de plusieurs sentiers de randonnées, classés selon leur durée et leur niveau de difficulté, qui ouvrent sur des paysages magnifiques. Aucune possibilité de restauration sur place : le pique-nique est donc de rigueur. Et on oublie pas d’emporter son chapeau et de l’eau… car il fait très chaud et l’ombre est rare.

Castell de Capdepera

Entre Artà et Cala Ratjada le Castell de Capdepera mérite une halte pour découvrir les vestiges d’un ancien village fortifié bâti au sommet d’une colline par le roi Jaume II en 1300. Petite halte à Manacor, ville sans charme particulier surtout connue pour ses perles de Majorque et pour son champion Rafael Nadal qui s’est offert le luxe d’un musée dans sa ville natale mais également d’une académie de tennis. L’église de la Mare de Déu des Dolors mérite un petit détour en surveillant toutefois ses horaires d’ouverture pour ne pas trouver portes closes. Anticipez votre visite pour pouvoir déjeuner au restaurant La Factoria qui se niche tout près de l’église. Son Menu del Dia à 14 euros mérite le détour et sa carte est attrayante. Le tout avec un service attentionné et une présentation des plats raffinée. Ce fut l’occasion pour nous de déguster des spécialités espagnoles non mallorquines tels le Salmorejo et l‘Escalivada qui sont d’ores et déjà sur la liste des recettes à tester pour vous les proposer.

PARC NATUREL DE MONDRAGÓ

Direction ensuite Felanitx et sa région. Étonnant cocktail d’authenticité et d’artifice. Authenticité avec le parc naturel de Mondragó  qu’il est possible de découvrir à travers plusieurs sentiers de randonnées simples. Artificialité avec les criques gagnées par le tourisme de masse autour de Cala d’Or et son univers préfabriqué pour touristes en goguette. Quelle tristesse de découvrir ces jolies criques rongées par le béton depuis plusieurs décennies au point qu’il est impossible d’emprunter le chemin côtier de l’une à l’autre. A rayer des cartes donc !

Il faut s’éloigner un peu dans les terres pour gravir les 510 mètres d’altitude où s’est niché le monastère de Sant Salvador qui domine les alentours. Signalons au passage la présence au sommet du Petit Hôtel Sant Salvador qui semble être un lieu de halte agréable pour se retirer du tumulte de la côte. Belle vue également depuis le Castell de Santueri malheureusement fermé actuellement lors de notre passage.

Le port de Portocolom mérite quant à lui le détour pour apprécier son calme et son authenticité. Il semble par miracle avoir été épargné par le tourisme de masse environnant.  Santanyi est également une jolie ville, plus touristique, dans les ruelles de laquelle il fait bon se perdre.

Le cap des Salines occupe la pointe est de l’île. Comme leur nom l’indique on y exploite le sel. A son extrémité se trouve la Platja El Trenc longue de 2 kilomètres et classée Espace Naturel Protégé ce qui l’a sauvée il y a quelques années des promoteurs. Proche de Palma, elle est très fréquentée ce qui la rend peu agréable malgré ses eaux cristallines. Le parking à 7 euros n’aide pas à la chose !

Gros coup de cœur pour le port de pêche de Cala Figuera lové dans une superbe crique abritée du tumulte. Jolie petite plage toute proche à la Cala Sanatanyi.

SERRA DE LA TRAMENTURA

Palma fut notre dernier port d’attache depuis lequel nous avons tout d’abord arpenté le nord de l’île. A 26 kilomètres de Palma la ville de Sóller est un incontournable pour découvrir la Serra de la Tramuntera. Cette chaîne de montagne culminant à 1455 mètres au Puig Major est classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2011. Elle est traversée par le GR 221 dont l’aménagement est prévu pour, à terme, permettre de faire la liaison entre le Port d’Andratx et le cap de Formentor. Le GR 221 s’étend aujourd’hui sur 77,5 kilomètres entre Deià et Pollença jalonné de jolies petites villes d’étapes et de quelques gîtes.

Biniaraix

Sóller est un centre névralgique au cœur du GR 221. Il est possible, mais coûteux, d’effectuer le trajet entre Palma et Sóller dans un vieux train datant de 1912 puis d’emprunter un tramway de la même époque pour accéder à Port Sóller situé 4 kilomètres en contrebas. Quelque soit le moyen de transport retenu je vous conseille vivement de découvrir les superbes villages de l’arrière pays en empruntant les chemins de randonnée qui mènent vers Biniaraix, Fornalutx, Binibassi pour rejoindre Sóller . Le départ se fait par la Carrer de sa Lluna depuis la Plaça Constitucio. Quant à Port Sóller la station est construite autour d’une immense plage lovée au fond d’une baie. Trop de monde et de béton à mon goût mais cela n’engage que moi !

Crique de Deià

Deià et sa superbe crique rocheuse ont par contre pleinement satisfait mes pupilles et mes papilles ! Quel plaisir de se perdre dans les rues pentues de Deià puis de descendre la route qui mène à sa jolie crique. La plage jonchée de rochers est surplombée d’un charmant petit sentier de randonnée qui mène jusqu’à une jolie tour. Côté papilles il ne faut pas hésiter à s’attabler au Cafè Sa Font Fresca dans le virage à l’entrée du village. La cuisine y est sans chichi et généreuse, le service attentif ; le tout pour un menu del dia à 12,5 euros qui comprend entrée-plat-dessert-eau-vin-pain et olives !

Valmerossa toute proche est plus touristique mais offre à déambuler dans ses jolies rues sur les traces de George Sand et Frédéric Chopin qui y ont séjourné quelques semaines durant l’hiver 1838-39. Les locaux doivent avoir la mémoire courte car George Sand les critique vivement dans son ouvrage « Un hiver à Majorque » ce qui ne les empêche pas de faire commerce de ce séjour. La Reial Cartoixe de Valdemossa, ancienne chartreuse royale du XIVème siècle, est à visiter… à condition de bien vérifier les horaires au préalable !

A 8 kilomètres d’Andratx, se niche l’ancien petit port de pêche de Sant Elm qui mérite le détour pour son cadre agréable et sa vue superbe sur L’île de la Dragonera qui, déclarée Parc Naturel en 1995, abrite une colonie de lézards. De jolies perspectives de baignades, balades et joies nautiques !

PALMA DE MAJORQUE

Catedral et Palau Reial de Palma

Place à présent à la découverte de la superbe Palma. Difficile de dresser la liste de tous les incontournables de cette cité qui tranche totalement avec tout ce que nous avons précédemment découvert sur l’Ile. La ville ancienne, bornée par ses murailles, porte les traces de ses occupants successifs musulmans et chrétiens. Impossible de passer à côté du Palau Reial de l’Almudaina, forteresse maure puis chrétienne, qui se dresse face à l’imposante Catedral dont plusieurs éléments intérieurs ont été travaillés par Antoni Gaudí lui-même. Second édifice de la ville la Basilica Sant Francesc et son cloître superbement conservé valent également le détour sans oublier la Llotja, ancienne bourse de commerce du XVème siècle. Un itinéraire invite à se perdre dans les rues calmes de la vieille ville à la recherche de superbes patios qui ouvrent sur des hôtels particuliers témoins de la richesse passée de la cité et un second nous mène sur les traces des immeubles Art Moderne de la ville. A l’ouest le Castell de Bellver surplombe du sommet de sa colline et offre une belle vue sur la baie de Palma. Côté arts la Fundacio Pilar i Joan Miro est un incontournable pour découvrir l’œuvre de l’artiste d’origine majorquine revenu vivre sur son île de cœur où il fit construire un atelier et une maison qui abritent la fondation portant son nom.

Tapas du Bar del Peix

Les offres de restauration sont nombreuses et variées à Palma. Nos papilles furent ravies de déguster de délicieux tapas attablés au Mercat municipal de l’Olivar au Bar del Peis. Le Mercat municipal de Santa Catalina, bien que plus modeste que le précédent n’est pas en reste pour proposer des produits variés et de qualité.

Notre séjour s’est clôt sur la découverte d’une table bien agréable pour chasser le blues du départ. Claude est à la tête du restaurant TOQUE crée avec son père il y a 14 ans dans un quartier isolé du cœur de Palma. Le détour est mérité pour s’attabler dans ce restaurant dont la cuisine est aussi généreuse que le maître des lieux dont les origines belges et majorquines nous ont permis d’échanger longuement et agréablement avec lui en français. Les propositions culinaires mêlent avec générosité les influences belges et espagnoles. Je vous laisse découvrir la carte et les coordonnées pour réserver ici. Claude nous ayant communiqué quelques astuces je partagerai sous peu une des recettes qu’il a eu la gentillesse de me confier.

Pour le logement à Majorque je ne peux que chaleureusement vous recommander la petite maison de Jeroni située dans le quartier de San Catalina où nous nous sommes sentis merveilleusement bien: c’est par ici !

Nous sommes revenus de Majorque avec des images variées et lumineuses plein les yeux. Il faut savoir, pour apprécier les richesses de cette île, s’éloigner des sentiers battus et bétonnés qui lui font une réputation qu’elle ne mérite pas. Rendez-vous dans les semaines à venir pour découvrir quelques recettes hispaniques pour régaler vos papilles.

Je laisse mes compagnons de route compléter cette carte postale gourmande avec leurs impressions et ceux d’entre vous qui avez de belles adresses majorquines à partager le faire dans les commentaires.

PS: d’autres Cartes Postales Gourmandes vous attendent sur le blog; il suffit de les rechercher dans les archives pour les découvrir entre Corse, Sardaigne et Sicile notamment !

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