La question de ce qui se loue le plus en France recouvre deux marchés distincts : l’immobilier résidentiel et la location d’objets ou d’équipements entre particuliers ou professionnels. Les réponses varient selon qu’on parle de volume de transactions, de rapidité de mise en location ou de rentabilité nette. Le cadre réglementaire, lui, a sensiblement bougé depuis 2024, redistribuant les cartes entre location courte durée et location longue durée.
Loi Le Meur et meublés de tourisme : un marché de la location courte durée en recul
Avant de dresser un panorama de ce qui se loue le mieux, il faut mesurer un changement structurel. La loi n° 2024-1039 dite loi Le Meur a permis aux maires d’abaisser le plafond de location des résidences principales de 120 à 90 jours par an pour les meublés de tourisme, dans les communes qui le décident.
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Les villes situées en zones tendues (Paris, Lyon, Bordeaux, Nice, Marseille, entre autres) ont depuis 2025 durci l’encadrement : enregistrement obligatoire, plafonds de nuitées réduits, sanctions renforcées. Des studios autrefois exploités exclusivement en Airbnb basculent vers la location longue durée ou sortent du marché locatif touristique.
Ce glissement modifie la hiérarchie de « ce qui se loue le plus ». Une partie de l’offre courte durée migre vers le meublé longue durée, augmentant la concurrence sur ce segment et réduisant mécaniquement le volume de locations saisonnières dans les grandes métropoles.
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Location immobilière : petites surfaces et meublés en tête de la demande
Sur le marché résidentiel classique, les studios et T2 restent les biens qui se louent le plus vite, notamment dans les villes universitaires et les métropoles à forte densité d’emploi. Leur prix d’achat plus accessible attire les investisseurs, et le loyer au mètre carré y est proportionnellement plus élevé que sur les grandes surfaces.
La location meublée sous statut LMNP (loueur en meublé non professionnel) conserve un avantage fiscal, mais la réforme de 2025 a introduit la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value à la revente. Ce changement pousse certains investisseurs à revoir leur stratégie de détention et rend le calcul de rentabilité nette moins lisible qu’auparavant.
Colocation et résidences étudiantes
La colocation représente un levier de rentabilité par logement : un T4 loué en colocation génère souvent un revenu supérieur au même bien loué à un seul ménage. Les résidences étudiantes, quant à elles, offrent une visibilité sur le taux d’occupation grâce à des baux calés sur le calendrier universitaire.
En revanche, les grands logements familiaux (T4 et au-delà hors colocation) trouvent preneur moins rapidement. Le vivier de locataires est plus restreint, et les loyers plafonnés dans les zones tendues limitent la marge de manoeuvre.
Équipements et objets : ce que les particuliers et professionnels louent le plus
Le marché de la location ne se limite pas à l’immobilier. La location d’objets et de matériel connaît une croissance portée par la volonté de réduire les coûts d’achat et les contraintes de stockage. Plusieurs catégories se détachent :
- Matériel de chantier et outillage BTP : des acteurs comme Loxam illustrent la taille de ce segment. Chaque engin retourné en agence passe un diagnostic technique avant remise en circulation, ce qui structure un marché professionnel mature avec une rotation rapide des équipements.
- Équipements événementiels (mobilier, décoration, sono, éclairage) : la demande suit un cycle saisonnier marqué par les mariages, salons professionnels et festivals. Ce segment attire à la fois des entreprises spécialisées et des particuliers qui louent ponctuellement.
- Matériel audiovisuel et photo (caméras, drones, optiques) : le coût d’achat élevé et la fréquence d’utilisation faible en font des candidats naturels à la location. Une caméra de type GoPro n’est utilisée en moyenne que quelques fois par an par un particulier.
- Véhicules et vélos : la voiture reste l’objet le plus rentable à la location entre particuliers en valeur absolue. Le vélo, porté par les mobilités urbaines, progresse chaque année.

Rentabilité réelle : location d’objets entre particuliers, au-delà des promesses
Des plateformes de location entre particuliers estiment qu’un foyer pourrait dégager jusqu’à 4 000 euros par an en louant cinq objets courants (voiture, vélo, perceuse, place de parking, déguisements). Ce chiffre, issu de Placedelaloc, repose sur des hypothèses d’utilisation maximale et de demande constante.
Les retours terrain divergent sur ce point. La rentabilité effective dépend de la localisation (une perceuse se loue plus facilement en zone urbaine dense), de la saisonnalité (skis en hiver, matériel de camping en été) et du temps passé à gérer les annonces, les remises et les éventuels litiges.
Ce qui distingue un objet réellement louable
Trois critères séparent un objet qui se loue régulièrement d’un objet qui dort sur une plateforme :
- Un coût d’achat élevé rapporté à une fréquence d’usage faible (matériel de ski, nettoyeur haute pression, remorque)
- Une demande locale identifiable et récurrente, pas seulement ponctuelle
- Un entretien simple et un risque de casse limité, car l’assurance et la gestion des dommages restent le principal frein à la location entre particuliers
Le matériel professionnel (BTP, événementiel, audiovisuel) domine en volume et en chiffre d’affaires sur le marché de la location d’équipements. La location d’objets entre particuliers, malgré sa visibilité médiatique, représente une fraction plus modeste du marché global.
Zones tendues et investissement locatif : où la demande dépasse l’offre
En immobilier, la tension locative reste le premier indicateur de ce qui se loue vite. Les zones tendues, définies par décret, concentrent une demande supérieure à l’offre disponible. Dans ces périmètres, un bien correctement positionné en prix trouve preneur en quelques jours.
Le durcissement réglementaire sur les meublés de tourisme pousse une partie des propriétaires à revenir vers la location classique, ce qui pourrait légèrement détendre le marché dans certaines villes à moyen terme. Les données disponibles ne permettent pas encore de mesurer l’ampleur exacte de ce basculement, la loi Le Meur n’ayant produit ses pleins effets que depuis peu.
Ce qui se loue le plus en France dépend donc largement du segment considéré. En immobilier, les petites surfaces meublées en zones tendues conservent l’avantage. En équipements, le matériel de chantier et l’événementiel concentrent les volumes les plus significatifs. La réglementation récente, elle, redessine les frontières entre ces segments plus vite que les habitudes des propriétaires.

